Difficultés pour les thérapeutes à diagnostiquer et à évaluer le degré du problème, par difficultés de la victime à définir son ressenti envers la personne toxique.

Les victimes d’un/des parents pervers narcissique (les PN se retrouvent entre eux et donc il n’est pas rare d’avoir deux parent PN ou un parent PN et l’autre soumis) peuvent ressentir des symptômes au quotidien qui peuvent les orienter à se considérer atteint des troubles sociaux suivant : phobie sociale, trouble du spectre autistique, personnalité schizoïde, … Dans le cas où la victime va consulter (ce qui lui est difficile car la notion de vide présent et la peur de devoir encore suivre les instructions d’une personne, le thérapeute) les thérapies risquent de se focaliser sur des techniques de surpassement alors que la victime est déjà dans une zone de surpassement dans la vie du quotidien, cela à cause du vide présent dans l’esprit et qui l’oblige a un effort quotidien considérable pour le palier. La charge mentale du quotidien est énorme et la charge mentale de la thérapie, s’y ajoute encore.

Une difficulté dans le diagnostic, c’est que le terme PN est utilisé à toutes les sauces, c’est à la mode, il est vrai que l’utilisation des systèmes informatiques de reporting, statistique, évaluation avec le management associé qui est très procédurier, standardisé, contrôlant, utilisent des codes d’expressions des PN. Un monde où le travail, l’enseignement, la médecine, les échanges se déshumanisent, génèrent des comportements assimilables à ceux des pervers narcissiques.

De plus le comportement des parents tel que maintenir le silence devant des évènements grave qui perturbent son enfant, lui dire « cela ne te regarde pas! », « Ne t’en occupe pas! » alors que l’enfant ne peut rien faire d’autre que ressentir cela peut arriver dans toutes les familles. Quel parent n’a jamais été condescendant envers son enfant histoire de ne pas devoir trop palabré. De plus une éducation, rigoureuse peut donner l’impression de préparer un enfant à l’avenir et est connoté positivement par certaine tranche de la société.

Les enfants victimes

Somme toute les comportements PN sont subis couramment dans la vie d’un enfant et sont donc normalisé. La différence de vivre avec un PN c’est la fréquence très élevée au quel est soumis la personne victime et le manque cruel de points positifs à côté. Imaginez vivre avec une personne qui prononce des critiques à votre encontre, ou à l’encontre de vos fréquentations, de vos manières de faire, cela à une fréquence de 9 phrases prononcées sur 10. La dernière phrase sur 10 étant neutre de l’ordre de la gestion du quotidien ou de la mise en valeur du PN par lui-même.

Les comportements du PN sont donc considérés par sa victime, son entourage les thérapeutes comme de vulgaires excès de comportements normalisés dans la société. De plus le PN quand il peut se mettre en valeur le fait en utilisant s’il le faut sa victime comme faire valoir. La victime se sent mise en valeur, se voit offrir des cadeaux, elle a donc un semblant d’affection. Le PN ne paraît donc pas forcément fondamentalement mauvais, juste capricieux, psychorigide, anxieux, autoritaire, bref une personne un peu forte de caractère et qui n’ose pas déclarer son affection.

Le déni de la victime

La victime elle-même est dans un état de déni. « Il ne peut pas avoir vécu avec moi aussi longtemps, … Avoir fait… M’avoir offert, … » Admettre qu’elle n’est pas aimée alors qu’elle a déployer autant d’effort pour plaire est impossible pour la victime, c’est irrationnel, c’est accepter un effondrement de sa personnalité pour la reconstruire. C’est comme demander à un croyant de ne plus croire en dieu, il restera toujours un doute.

Normalisation

N’oublions pas que la génération ayant vécu entre environ 1925 et 1945 a été nommée la génération silencieuse, c’est à dire qu’une génération qui a subi la grande dépression et la guerre, n’a pas par mode éducative de l’époque pu exprimer leur ressenti sur les évènements extrêmes vécus. Leurs descendances ne connaissent rien de la vie de leurs parents. Vu que la génération silencieuse ne vivait pas dans une société de communication, que les rôles dans le couple étaient déterminés, et que toutes les personnes arboraient le même comportement, ça marchait quand-même pour eux.

Les malaises et traumatismes vécus pendant l’enfance ne sont pas nouveaux, ils ont toujours existé, mais face aux nombres de choix disponibles par la vie actuelle, aux multi-compétences demandées dans le travail, à la remise en question des rôles dans le couple, notre enfance devient un frein. La génération silencieuse prenait ce que la vie lui donnait. Les personnes à notre époque prennent ce qu’elles peuvent s’offrir. La principale limite dans le passé était ce que le monde peut offrir, alors qu’actuellement la limite est soi-même (qu’est-ce que je peux m’octroyer dans ce monde narcissique et individuel), notre plus redoutable ennemi car il connaît parfaitement nos faiblesses et est tout aussi puissant que soi.


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