L’effet d’une personnalité toxique sur un enfant

Tomasello a montré qu’autour de leurs premiers anniversaires (quand ils commencent à marcher, à parler et à devenir des êtres de culture), les enfants humains sont déjà coopératifs et serviables dans de nombreuses situations (mais pas dans toutes). Or ils n’ont pas appris cette tendance à coopérer des adultes : elle leur vient naturellement.

Par exemple, des enfants de 18 mois sont amenés à regarder passivement un adulte qui range des magazines dans un placard. Ensuite, dans un deuxième temps, l’adulte a du mal à ouvrir les portes parce que ses mains sont encombrées de magazines et l’enfant étudié l’aide à les ouvrir. Puis, ayant compris le processus, l’enfant, lors de la troisième phase, anticipe : il ouvre la porte par avance, ce qui aboutit à la création d’une activité collaborative consistant à ranger les magazines. Dans certains cas, l’enfant indique même à l’adulte où mettre les magazines (à l’aide d’un geste de pointage).

Cette tendance innée à coopérer est graduellement influencée par divers facteurs (tels que le jugement que les enfants forment sur la réciprocité potentielle qu’ils vont obtenir ou encore leur préoccupation de la manière dont ils sont jugés par les autres personnes de leur groupe). En grandissant, les enfants humains commencent à internaliser plusieurs normes sociales spécifiques de leur culture telles que la manière dont on fait les choses, dont on doit faire les choses pour devenir un membre du groupe.

Certes, les enfants possèdent des prédispositions à la coopération mais ces prédispositions sont façonnées par le processus de socialisation (à partir de 3 ans).

Les enfants de personnalités toxiques ne reçoivent pas la réciprocité de l’adulte car des tâches sont dévolues à chacun par la personnalité difficile, pas de copie possible. De plus la personnalité difficile se débrouille pour que l’enfant ne s’identifie pas à ses semblables.

Les personnalités toxiques imitent des comportement d’autres personnes (exemple grand-mère), le conjoint complice annihilé imite la personnalité difficile, l’enfant se retrouve avec plusieurs personnes aux comportements stéréotypés et donc s’établit la norme pour l’enfant, il n’est plus en mesure de critiquer le comportement de ses parents. De plus les personnes extérieures (école par exemple) se soucient de la discipline (reprennent les codes des parents) pas du ressenti qui est censé être géré par les parents. L’enfant de la personnalité difficile est éduqué comme un animal de compagnie, qui a finalité à apporter quelque chose en échange de nourriture et du logis. L’environnement de l’enfant n’a pas pour but de l’élevé, c’est à dire de lui apprendre les outils pour qu’il puisse mener son projet de vie.

Michael Tomasello, psychologue cognitiviste américain et auteur du livre Pourquoi nous coopérons (éditions Presses Universitaires de Rennes)


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