Le trouble de stress post-traumatique

Le trouble de stress post-traumatique, ou TSPT, désigne un type de trouble anxieux sévère qui se manifeste à la suite d’une expérience vécue comme traumatisante avec une confrontation à des idées de mort1,2,3. Cette affection est aussi connue sous le nom de syndrome de stress post-traumatique (SSPT) ou état de stress post-traumatique dans la classification CIM10 (F43.1). L’abréviation anglaise PTSD (pour Posttraumatic stress disorder) est parfois également utilisée.

Le trouble de stress post-traumatique est une réaction psychologique consécutive à une situation durant laquelle l’intégrité physique ou psychologique du patient, ou celle de son entourage, a été menacée ou effectivement atteinte (notamment en cas de torture, viol, accident grave, mort violente, maltraitance, négligence de soins de la petite enfance, attachement insecure, agression, maladie grave, naissance, guerre, attentat, accouchement). Les capacités d’adaptation (comment faire face) du sujet sont débordées. La réaction immédiate à l’événement aura été traduite par une peur intense (effroi), par un sentiment d’impuissance ou par un sentiment d’horreur.

Le TSPT est moins fréquent que la réponse aiguë au stress4.

Prévalence

Dans le monde plus de 70% des adultes vivent ou ont vécu un événement traumatisant au cours de leur vie. Un certain nombre (jusqu’à 12% de la population de certains pays en difficulté) souffrent de stress post-traumatique5.

Diagnostic

Classification

Le trouble de stress post-traumatique est catégorisé en tant que trouble anxieux dans le DSM-5. Les symptômes caractéristiques apparaissent après un événement traumatique. Dans ce cas, l’individu souffrant de TSPT évite systématiquement tout événement ou discussions menant à ses émotions. Malgré ces stratégies, l’événement revient sans cesse dans les pensées de l’individu en flashback ou en rêve (cauchemar)1. Les symptômes caractéristiques sont considérés sévères moins de trois mois après l’événement déclencheur et chroniques si persistants au bout de trois mois et plus.

Le TSPT est différent de la réaction aiguë au stress. Il peut entraîner une altération clinique dans des domaines importants de fonctionnement4,6,7.

Selon une étude récente, une intelligence artificielle peut limiter les biais d’interprétation des entretiens, et aider à diagnostiquer un état de SPT chez des soldats vétérans rien que par l’analyse de leur voix (89% de taux de succès)5.

Symptômes persistants

Le patient souffrant d’un TSPT se plaint d’un sentiment de désespoir ou d’horreur associés à une triade de symptômes persistants :

  • intrusion : l’individu revit l’événement traumatisant. Il ne s’agit pas seulement de vagues réminiscences, mais d’incapacité à empêcher ces souvenirs de revenir le hanter. Certains parlent même de reviviscence pour dire à quel point il s’agit davantage de véritables flash-backs envahissants que de simples souvenirs. En effet, l’angoisse ressentie lors de l’expérience traumatisante peut être de nouveau éprouvée au moment du souvenir. Les cauchemars sont une autre manifestation de ce type de symptôme ;
  • évitement : l’individu tente d’éviter les situations et les facteurs déclencheurs qui pourraient lui rappeler l’événement traumatisant. Il aura aussi tendance à éviter d’en parler pour éviter d’y être confronté directement. Cela peut conduire jusqu’à une amnésie partielle ou totale de l’événement. Un autre aspect de l’évitement est l’émoussement des émotions qui peut aller jusqu’à une insensibilité émotive. L’individu perd intérêt dans des activités qui autrefois le passionnaient, se replie sur lui-même et fuit ses proches. Il peut également avoir des difficultés de communication, qui se manifestent notamment par une difficulté à s’exprimer correctement, le fait d’utiliser des mots inexacts et imprécis lorsqu’il parle (notamment lorsqu’il s’agit d’évoquer l’événement traumatisant), et avoir de graves difficultés relationnelles et être incompris par son entourage à cause de cela. Lorsque les facultés mentales, relationnelles ou verbales sont fortement entravées par ces réflexes d’évitement, on parle d’état dissociatif. Ces comportements d’évitement sont des réflexes qui sont indépendants de la volonté du patient, ils présentent de nombreux points communs avec les symptômes négatifs observés dans la schizophrénie ;
  • hyperstimulation : le patient souffre de plusieurs symptômes d’hypervigilance et a par conséquent de la difficulté à se concentrer et à mener à terme ses activités. Il peut avoir notamment de l’insomnie, de la nervosité, une tendance à s’effrayer facilement, une impression constante de danger ou de désastre imminent, une grande irritabilité ou même un comportement violent. Chez les enfants, un comportement désorganisé ou agité peut être perçu. Un sentiment intense de détresse psychique peut survenir lorsque l’individu est exposé à des éléments qui évoquent l’événement traumatisant.

Évitements et retrait

L’évitement de tout ce qui rappelle l’événement traumatique est la principale réponse à un traumatisme psychologique. Alors, éviter d’y penser devient un impératif chez des sujets traumatisés (Newman et al. 1996). Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV) dresse une liste de différents types d’évitement, comme les activités, les conversations, les personnes, les endroits et les réminiscences reliées à l’événement traumatique. Tous ces types d’évitement servent à protéger le sujet du contact avec tout ce qui peut lui rappeler le drame8. Ce qui signifie qu’après avoir vécu l’événement traumatique, le sujet devient très sensible à tout ce qui peut lui rappeler cette expérience dramatique. Les indices de cette expérience dramatique peuvent avoir une double signification : le rappel de la souffrance lors de l’événement traumatique et le danger imminent d’un recommencement du drame. Pour Carlson, l’évitement post-traumatique peut se manifester sur les plans affectif, cognitif, comportemental et physiologique8.

  • Évitement affectif : à la suite d’un traumatisme psychologique, habituellement, le sujet présente une indifférence émotionnelle qui se manifeste sous la forme d’un détachement vis-à-vis d’autrui et de tentatives d’évacuer les émotions et sentiments8. L’évitement des émotions fortes protège le sujet d’une poussée émotive associée au drame. Un sujet peut éviter une situation où peuvent se présenter de fortes émotions, comme les disputes, les films d’horreur. L’évitement affectif peut prendre la forme d’isolement des affects et d’isolement social8.
  • Évitement comportemental : comme toutes les autres formes d’évitement, l’évitement comportemental consiste à s’éloigner de tout ce qui peut rappeler le drame, comme les conduites, les personnes, les endroits et les situations associées au drame. Cet évitement comportemental peut être intentionnel, mais le plus souvent il est involontaire.
  • Évitement physiologique : l’évitement physiologique est une sorte d’anesthésie des sensations ou indifférence sensorielle. Les traumatisés rapportent avoir une atténuation des sensations de plaisir ou de douleur. L’évitement physiologique s’observe également dans l’annulation ou l’atténuation des sensations liées à l’expérience du traumatisme chronique (Herman, 1992). Les recherches cliniques menées auprès des sujets ont relevé, à la fois, la reviviscence et l’évitement des symptômes après des événements traumatiques singuliers (Fletcher, 1996 ; Nader, 1996 ; Putnam, 1996). Pynoos et al. (1996) font remarquer l’extrême complexité des réponses post-traumatiques chez les sujets. Ils soulignent aussi la nécessité d’une approche développementale pour comprendre ces réponses post-traumatiques. Tandis que le TSPT s’observe chez des personnes à la suite de toutes sortes d’événements traumatiques, la recherche clinique a montré qu’un TSPT complet et caractérisé se rencontre moins souvent chez des enfants que chez des adultes après un désastre (McNally, 1993 ; Ribbe, Lipovski et Freedy, 1995, cités par Carlson 1997)8. Par contre, les enfants sont plus sensibles que les adultes aux violences interpersonnelles. Ces réminiscences véhiculent un vécu renouvelé de terreur d’une façon tellement réaliste que naît le sentiment de la répétition imminente du drame.
  • La peur d’avoir peur : elle peut conduire un sujet à éviter un nombre de plus en plus grand d’activités de façon à éviter des émotions, des sentiments et des souvenirs. Plutôt que d’aller de l’avant dans son développement, le sujet semble rester immobile sur place, évitant les risques normaux de l’aventure du développement et de la croissance (Pynoos et al. 1996). En mettant de tels efforts pour se protéger, il n’en reste plus beaucoup pour le travail, le jeu et tout ce qui fait la vie d’une personne. Les sujets évitent tout ce qui remet en mémoire ce qu’ils veulent oublier. L’évitement peut également, parfois, prendre la forme d’une agressivité nécessaire ou d’un attrait pour des activités risquées et dangereuses ou le retrait extrême.

Formes particulières

Le syndrome de stress post-traumatique complexe est une forme particulière de TPST qui survient lorsque le malade a été exposé à des violences physiques, verbales ou psychologiques répétées au cours desquelles il n’a pas eu la possibilité de se défendre. Il se manifeste par les symptômes suivants :

  • une altération de la régulation des émotions, avec une impulsivité marquée et des comportements s’avérant nuisibles pour le malade lui-même ;
  • des perturbations de l’attention ou de la conscience, pouvant entraîner des épisodes dissociatifs au cours desquels l’esprit est déconnecté : le patient a l’impression de ne plus exister, d’être comme mort (dépersonnalisation) ou ne parvient plus à s’intéresser au monde qui l’entoure (déréalisation) ;
  • une altération de la perception de soi, avec des sentiments permanents de honte ou de culpabilité, et un sentiment de vide ;
  • une altération de la perception de l’agresseur, qui peut être par exemple idéalisé. Par exemple, le patient se plie à contre-cœur au système de croyances et aux rationalisations de son ou de ses agresseur(s) et n’ose pas s’y opposer, sous peine de ressentir de la culpabilité ou de la honte. Il peut également éprouver une gratitude paradoxale envers son agresseur ; (voir Syndrome de Stockholm)
  • des relations interpersonnelles perturbées, avec une incapacité à faire confiance ou à avoir une relation intime avec autrui ;
  • des altérations cognitives avec une perte d’espoir.

Comorbidités

Ces troubles s’accompagnent parfois de :

Échelle diagnostic et de surveillance

Le CAPS, pour « Clinician-Administered PTSD Scale » (échelle clinique du SSPT), est une échelle clinique permettant le diagnostic et l’évaluation de la sévérité du syndrome de stress post-traumatique (SSPT). Depuis sa mise au point en 1990, cette échelle est devenue un critère de mesure couramment utilisée dans le domaine du stress post-traumatique et a été utilisé dans plus de 200 études. Cette échelle aurait une excellente fiabilité, utile au diagnostic, et une bonne sensibilité au changement clinique10.

Facteurs de risque

Exposition à un facteur traumatique (élément nécessaire)

Le trouble de stress post-traumatique semblerait être causé par l’expérience d’un ou de plusieurs types d’événements traumatisants. Il peut survenir chez des individus sans antécédents11,12.

Les individus considérés à risque incluent les militaires, les victimes de catastrophes naturelles, les survivants aux camps de concentration et les victimes de crimes violents. Certains individus font l’expérience de la « culpabilité du survivant » lorsqu’ils réussissent à survivre tandis que d’autres autour d’eux sont morts. Les causes d’un tel traumatisme peuvent survenir lorsqu’un individu subit ou se retrouve témoin d’un événement stressant impliquant la mort, un très sérieux danger ou des menaces similaires contre soi ou les autres dans une situation durant laquelle il fait l’expérience d’une importante crainte ou impuissance13. Des individus employés dans des métiers avec violence (comme les soldats) ou les situations d’urgence (comme les services d’urgences médicales) sont également à risque13.

Les enfants et adultes peuvent développer des symptômes de TSPT après avoir été victimes de bizutage ou d’agression14,15.

15 à 75 %, selon les études, des personnes prostituées au sein de trafics humains présentent un état de stress post-traumatique16.

Violence familiale

Un traumatisme vécu à la suite de violences familiales peut prédisposer un individu à développer des symptômes du TSPT. Approximativement 25 % des enfants exposés à ces violences développent un TSPT, selon une étude portant sur 337 élèves d’écoles17. Une recherche préliminaire suggère qu’un abus sur mineur peut interagir avec le stress et augmenter le risque de développer un TSPT à l’âge adulte, selon une étude menée avec 900 élèves d’école18,19,20. Cependant, être exposé à un événement traumatisant n’indique pas forcément un éventuel développement d’un TSPT4. Des intrusions de mémoire comme les flashbacks et les souvenirs, contribuent autant aux dimensions psychologiques et biologiques du TSPT que l’événement en lui-même21. Les individus souffrant de TSPT font l’expérience de pensées intrusives liées à l’événement traumatisant. Ces épisodes aggravent et maintiennent les symptômes du TSPT, car les patients revivent en boucle leur traumatisme22.

Toxicomanie

L’alcoolodépendance et d’autres addictions peuvent être des facteurs aggravants du TSPT23. Néanmoins les addictions semblent plutôt être une conséquence du TSPT (comorbidité fréquente), la personne cherchant ainsi à s’anesthésier et à apaiser ses symptômes très invalidants et sources de grande souffrance. La guérison d’un trouble de stress post-traumatique ou d’autres troubles anxieux peut être limitée ou la condition peut empirer, à cause d’abus ou d’une prise excessive de médicaments. Résoudre ces problèmes d’addiction permet une nette amélioration de la santé mentale du patient et de son degré d’anxiété24,25.

Traumatisme crânien

Des personnes ayant subi un traumatisme crânien léger sont plus susceptibles de développer un TSPT26.

Traitements

Prévention

Confrontées aux victimes de catastrophes naturelles (éruptions volcaniques, incendies, inondations, tremblements de terre), de catastrophes socio-politiques (guerre ou terrorisme), d’accidents comportant des dizaines, des centaines, des milliers de victimes ou encore d’actes criminels, les institutions sociales ont mis en place des services d’aide médicale et psychologique aux « victimes directes », ainsi qu’aux amis et proches parents de ces victimes directes et aux témoins de première main. Par leur relation affective avec les victimes directes et leur position dans l’événement dramatique, les amis, parents et témoins sont dans la catégorie des « victimes indirectes », parce qu’ils sont secoués ou choqués par le même événement que les victimes directes, mais différemment et indirectement[réf. nécessaire].

Au Canada et aux États-Unis, les victimes directes et indirectes sont immédiatement traitées en urgence par des institutions sociales appropriées, des « grandes » fusillades de la violence urbaine aux « petits » faits divers de la violence familiale[réf. nécessaire]. Il suffit d’un appel téléphonique au « 911 » des urgences et la police arrive, fait son constat et dirige vers les services appropriés à la situation. Pour des situations plus singulières, le TSPT est toujours pris au sérieux[réf. nécessaire].

Des protocoles d’intervention post évènements critiques ont été développées pour action de groupe ou en individuel à la suite d’un accident ou d’une catastrophe. Ces protocoles ont pour objectif de réduire significativement le risque de développer des troubles chroniques, comme par exemple le defusing, le débriefing, ou encore des protocoles EMDR spécifiquement adaptés comme l’IGTP enfants ou adultes27, le R-TEP28 ou l’EGU (Protocole EMDR de Groupe d’Urgence)29. Les protocoles de groupe permettent de traiter rapidement et efficacement un grand nombre de personnes.

Traitement par psychothérapie

Les traitements par psychothérapie sont proposés en première intention et ce quel que soit le délai écoulé depuis le ou les évènements traumatiques. Ils ont pour objectif de faire disparaitre toute la symptomatologie post-traumatique et de permettre ainsi à la victime de retrouver le statut antérieur. En cas d’absence d’amélioration ou d’amélioration limitée, il convient de faire une réévaluation du diagnostic, ou de changer de thérapie, ou de changer de praticien, ou encore d’intensifier la thérapie (des médicaments pourront alors être proposés en complément)30.

Thérapie Cognitivo-Comportementale

Plusieurs formes de TCC semblent utiles pour traiter le TSPT. Par exemple, l’entraînement à la prévention du stress impliquant des exercices de respiration, de l’entraînement à la relaxation, l’interruption des pensées négatives, le jeu de rôles et la restructuration cognitive sont aussi des techniques de TCC dont l’efficacité a été prouvée pour réduire les symptômes du TSPT. La thérapie par «imagerie mentale» (c’est-à-dire l’imagerie impliquant de revivre le traumatisme), ou thérapie d’exposition répétée, permet également une réduction significative des symptômes. Enfin, une thérapie de groupe par TCC, conçue pour corriger des perceptions distortionnées du traumatisme initial à travers la narration écrite par le patient de son expérience traumatique semble prometteuse. Cependant, dans certains cas l’exposition peut augmenter au lieu de diminuer les symptômes, alors le patient et le thérapeute doivent travailler de très près et surveiller les progrès.

EMDR

L’EMDR est une thérapie qui a été découverte par Francine Shapiro en 1987 et qui dès le départ a fait l’objet d’études contrôlées. Ses résultats semblent actuellement suffisamment probants puisque son efficacité est reconnue notamment par l’OMS (2013)31 et en France par l’INSERM (2004; 2015)32,33, la Haute Autorité de Santé (2007)30, l’American Psychiatric Association (2004)34, et le National Institute for Clinical Excellence du Royaume-Uni (2005). Elle apparaît donc actuellement comme une thérapie de choix pour tout ce qui relève de la psychotraumatologie35.

Par bien des aspects, l’EMDR apparaît comme une thérapie intégrative. En effet, elle semble mettre en action d’une manière originale et simultanément à la fois des aspects psychodynamiques, cognitifs, comportementaux, émotionnels, corporels et sensoriels. Son originalité tient pourtant principalement dans ce dernier point. Il semblerait que la stimulation sensorielle oculaire, tactile ou sonore, de l’information dysfonctionnelle d’origine traumatique permette de remettre en route son traitement et son classement dans une mémoire explicite/narrative plutôt que dans une mémoire implicite/motrice (Francine Shapiro). Les travaux de Jacques Roques, et d’autres36, complètent par ailleurs ces explications en faisant intervenir des mécanismes cérébraux propres aux systèmes limbiques et corticaux, ainsi qu’au système nerveux autonome[réf. nécessaire].

Hypnose

Les traitements par l’hypnose ont également été évalués et préconisés par l’INSERM33. L’utilisation des submodalités (technique PNL) ou le traitement hypnotique des phobies sont particulièrement indiqués. L’objet de ce dernier, sous hypnose, est basé sur une double dissociation, mettant entre parenthèses l’événement traumatique, voir les travaux de Richard Bandler[réf. nécessaire].

Méditation transcendantale

La conclusion d’un article de 2015 du Journal of the American Medical Association appelle à de nouvelles approches et souligne le fait que les deux tiers des anciens combattants atteints du SSPT sont incapables de se libérer des symptômes du SSPT en dépit des traitements conventionnels. La recherche a montre que la pratique de la méditation transcendantale (MT) génère une réduction significative des symptômes du SSPT dans un court laps de temps37

La méditation transcendantale pourrait être utile pour soulager les symptômes du TSPT chez les anciens combattants. Mais de nombreux vétérans qui souffrent de TSPT ne cherchent pas de traitement, probablement en raison de la stigmatisation de la maladie mentale et de son impact potentiel sur l’avancement de carrière, comme le dit Norman E. Rosenthal. La méditation fait se sentir plus responsable de son bien-être que les autres traitements : « Je voulais remédier à cela, mais je sentais que je devais le faire moi-même », « c’est une attitude qui nous est familière dans l’infanterie »38.

La méditation transcendantale démontre son efficacité au cours des états anxieux ainsi que dans le traitement du trouble de stress post-traumatique avec une efficacité plus marqué dans les anxiétés plus importantes, permettant la réduction et parfois l’arrêt des psychotropes39,40,41.

Traitements médicamenteux

Les traitements médicamenteux peuvent être indiqués dans les cas de trouble chronique durant plus de un an, et pour lesquels une comordité est associée (la dépression est très souvent présente dans les troubles de stress post-traumatiques chroniques)30.

Antidépresseurs

Les antidépresseurs de types ISRS sont proposés en première ligne42,43. Ceux évalués sont le citalopram, l’escitalopram44, la fluoxetine45, la fluvoxamine46, la paroxetine47, et la sertraline45,48. Les antidépresseurs tétracycliques font preuve d’une relative efficacité[réf. nécessaire]. Il faut en revanche éviter d’administrer des molécules psychostimulantes (activant directement ou indirectement les récepteurs mono-aminergiques), telles que des antidépresseurs ISRS ou IRSN, chez un traumatisé : cela peut aggraver ses troubles49[source insuffisante].

Bêta-bloquants et alpha-bloquants

Les bêta-bloquants, tels que le propranolol ainsi que les alpha-bloquants tels que la prazosine sont eux, particulièrement efficaces. Concernant le propanolol, il est à l’étude pour empêcher dès le début la formation d’un TSPT. Pour cela, il faudrait administrer cette molécule aussitôt après que l’événement potentiellement traumatisant a été subi50. En diminuant immédiatement les libérations et fixations d’adrénaline[réf. nécessaire], le propanolol pourrait réduire la charge anxieuse spontanée et initiale de l’événement et ainsi, limiterait voire empêcherait la constitution de souvenirs anxiogènes et récurrents liés à cet événement. La prescription de bêta-bloquant à la demande, à l’issue de chaque reviviscence du Stress post-traumatique, pourrait éviter le recyclage mémoriel de la charge émotionnelle de l’événement originel stressant51. Ainsi serait progressivement atténué l’effet chronique de ce stress. Certains sites Internet tels que Carrot Of Hope49 recommandent de combiner une molécule alpha-bloquante et une molécule bêta-bloquante (telle que le propranolol).

Agonistes alpha 2

Les agonistes du récepteur alpha-2 à la noradrénaline, tels que la clonidine, peuvent être utiles car ils diminuent les taux d’adrénaline et de noradrénaline, aidant ainsi à combattre certains symptômes de cette maladie52.

Anti-histaminiques

Les antihistaminiques (hydroxyzine et cyproheptadine notamment), la trazodone et ses dérivés pourraient être utiles[réf. nécessaire].

Neuroleptiques

Certains antipsychotiques comme la quetiapine s’avèrent relativement efficaces pour mettre à l’écart la plupart des symptômes comme les comportements d’évitement, les réminiscences et les pensées intrusives. Toutefois, leur efficacité est limitée et l’effet antidopaminergique peut faire apparaître de nouvelles angoisses (akathisie)[réf. nécessaire]. Lorsque s’ajoutent des troubles du comportement (tels que de l’agitation), un neuroleptique plus sédatif comme la loxapine peut être consommé de manière ponctuelle au moment où ces troubles du comportement se déclarent.

Psychothérapie assistée par MDMA

Le MDMA est aujourd’hui étudié aux Etats-Unis dans le cadre d’une utilisation médicale en tant que traitement pour le PTSD.

Le MAPS53, Multidisciplinary Association for Psychedelic Studies, qui étudie le potentiel thérapeutique des substances dites Psychédéliques (LSD54, Psilocybine55,56,57, Ibogaine58, Ayahuasca59…), a mené les deux premières phases d’essais avec des résultats convaincants. En effets, après prise unique (les participants recevant soit un placebo, soit du MDMA) 83 % des participants n’étaient plus considérés comme souffrant de PTSD, et ce les deux mois suivants la prise. L’expérience était précédée et suivie de séance de psychothérapie cette fois ci sans substance, et il a été noté qu’au cours du temps les résultats restent stables: plus de 3 ans et demi après la séance, les personnes confirmaient l’effet bénéfique de l’expérience sur leur vie60.

Cependant, il est important de noter que dans cette étude, le MDMA n’est pas de l’Ecstasy. Il s’agit ici d’un produit pur, dont l’utilisation et la synthèse a été contrôlée. La phase 3 de l’étude ayant été approuvée par la FDA61, le MDMA pourrait être la première substance psychédélique (bien qu’il s’agisse plus précisément d’un empathogène) réintroduite en 2021 dans le milieu médical, administré par des psychiatres et médecin formés à la thérapie psychédélique, une première depuis la vague de prohibition des psychédéliques dans les années 60.

Dans son livre Acid Test: LSD, Ecstasy, and the Power to Heal, Tom Shroder raconte le combat mené par le MAPS et de nombreux autres médecins pour obtenir à nouveau le droit d’utiliser cette substance prometteuse et son potentiel thérapeutique, au travers de 3 personnes, Rick Doblin fondateur du et actuel directeur MAPS, Nicholas Blackstone ancien soldat victime d’un PTSD après une mission en Afghanistan, et Michael Mithoefer, psychiatre ayant participé à l’étude sur le traitement MDMA62.

Autres traitements

Récemment une équipe de scientifiques du Columbia University Medical Center et de la McGill University a mené des travaux particulièrement intéressants sur la mémoire. Contrairement à ce qui était précédemment acquis, ils ont découvert que les événements traumatisants et les souvenirs qui leur sont associés pourraient être distingués dans nos nerfs. Ils ont notamment montré qu’au sein des neurones, la mémoire associative et la mémoire incidentielle passaient chacune par des protéines différentes appelées kinases. En réussissant à bloquer un de ces kinases chez une aplysia, ils ont réussi à empêcher une expérience traumatisante de se « graver » dans le neurone et peuvent donc potentiellement effacer un souvenir spécifique de notre mémoire. Des recherches supplémentaires sont nécessaires avant d’obtenir un produit pharmaceutique efficace mais cette découverte ouvre la porte à une nouvelle forme de traitement pour faire disparaitre les troubles de stress post-traumatique63.


Pour approfondir le sujet :

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